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📈 Du symbole de la “French Tech” au fiasco industriel
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Ćžnsect Ă©tait entrĂ©e dans le Next40 en 2019, grĂące Ă  ses levĂ©es de fonds massives, ses ambitions de production de protĂ©ines alternatives via l’élevage vertical d’insectes et un discours portĂ© sur l’innovation industrielle et la transition Ă©cologique.
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À l’époque, l’entreprise incarnait l’espoir d’un “renouveau industriel vert”, capable de produire de façon durable des protĂ©ines pour l’alimentation animale (voire humaine), tout en restant dans la mouvance start-up / tech.

MalgrĂ© plus de 550 millions d’euros levĂ©s depuis sa crĂ©ation, l’entreprise reste trĂšs fragile financiĂšrement. En 2022, elle n’a gĂ©nĂ©rĂ© que 568 000 € de chiffre d’affaires, pour prĂšs de 90 millions d’euros de pertes.
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Plusieurs causes Ă  cela : des processus industriels difficiles Ă  stabiliser, un marchĂ© moins mature que prĂ©vu pour les protĂ©ines d’insectes, et une concurrence intense de protĂ©ines animales traditionnelles, souvent moins coĂ»teuses.
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La stratĂ©gie s’est rĂ©vĂ©lĂ©e trop “grande Ă©chelle, trop tĂŽt” : des usines gigantesques (comme la ferme verticale de 45 000 mÂČ Ă  Poulainville) mais une activitĂ© Ă©conomique insuffisante pour les rentabiliser.

Face Ă  la dĂ©tĂ©rioration de sa situation, Ćžnsect a d’abord Ă©tĂ© placĂ©e sous procĂ©dure de sauvegarde en septembre 2024. L’objectif Ă©tait de gagner du temps pour trouver des investisseurs ou un repreneur.
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Mais en 2025, la situation s’est empirĂ©e : l’entreprise a Ă©tĂ© placĂ©e en redressement judiciaire, et une prolongation (pĂ©riode d’observation) a Ă©tĂ© accordĂ©e jusqu’à fin janvier 2026.
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MalgrĂ© de nouveaux financements ponctuels (une “rallonge” des actionnaires en 2025), et un changement de direction avec la nomination de Emmanuel Pinto comme PDG cela n’a pas suffi Ă  inverser la tendance.

🛑 Le clap de fin : liquidation judiciaire et fermeture

Le 1er dĂ©cembre 2025, le tribunal de commerce d’Évry a prononcĂ© la liquidation judiciaire de l’entreprise. L’entreprise n’a pas rĂ©ussi Ă  trouver un repreneur ou de nouveaux financements dans le dĂ©lai imparti.

La ferme verticale de Poulainville qui devait produire jusqu’à 200 000 tonnes d’ingrĂ©dients annuels fermera ses portes.

PrÚs de 43 salariés (sur les derniers présents) se retrouvent désormais sans emploi.

💡 Ce que ƾnsect nous dit sur les limites de la “French Tech industrielle”

Le cas Ynsect illustre le risque majeur d’appliquer un modĂšle “start-up/tech” (levĂ©es, croissance rapide, gros financements) Ă  un secteur industriel lourd, avec des besoins d’investissement massifs, des cycles longs, des incertitudes de marchĂ©.

Il montre aussi la limite des promesses d’“industrie verte” quand le modĂšle Ă©conomique ne suit pas le ver (insecte đŸȘČ) pour ĂȘtre durable, doit aussi ĂȘtre compĂ©titif.

Enfin, l’échec soulĂšve des questions sur le rĂŽle des financements publics et privĂ©s dans de grandes ambitions industrielles : une grande levĂ©e de fonds ne suffit pas Ă  garantir un marchĂ© ou une adoption industrielle.

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